La ville d’hier n’est plus adaptée aux enjeux climatiques d’aujourd’hui. Le phénomène d’îlot de chaleur urbain (ICU) découle de plusieurs facteurs liés à la densification de l’urbanisation, aux méthodes d’aménagement et aux activités humaines.
Comment créer des oasis de fraîcheur et permettre à la ville de se ventiler ? Comment évoluer vers une autre morphologie urbaine qui tient compte du changement climatique ? Parmi les concepts et techniques évoqués :
- réintroduire la végétation en ville grâce à la trame verte
- ouvrir les espaces pour éviter l’effet de canyon urbain
- recourir aux revêtements de sol perméables
- choisir les matériaux selon leur albédo
- aménager en tenant compte des vents et du soleil
- cool-roof (revêtement de toiture blanc)
Pour révolutionner la conception urbaine au profit du bien-être en ville, deux éléments sont déterminants : le choix de stratégies d’aménagement durable et des solutions techniques performantes aux bénéfices multiples (environnement, santé publique, intégration paysagère et qualité de vie).
Solutions contre les îlots de chaleur urbains
A l'heure de l'adaptation au changement climatique
Un îlot de chaleur est caractérisé par une température de surface ou de l’air plus élevée en zone urbaine qu’en périphérie de la ville. Cette différence de température peut être de plus de 12°. Les îlots de chaleur peuvent également désigner une zone à l’échelle du quartier où l’on observe une température plus élevée.
Mais les îlots de chaleur urbains ne sont pas une fin en soi. Il existe bien des solutions pour lutter contre leur formation et ainsi agir sur la qualité de vie en milieu urbain. Cette révolution trouve son essence dans la façon d’aménager la ville et les solutions techniques à disposition aujourd’hui.
Les bénéfices de ces stratégies de la ville durable s’observent à plusieurs niveaux : environnementaux, sanitaires, esthétiques et qualité de vie.
Urbanisme et lutte contre les îlots de chaleur urbains
Les 3 principes clés de l'urbanisme durable
01
Réduction des surfaces minéralisées et retour du végétal
Réduire le recours à l’asphalte et au béton est un élément déterminant de lutte contre les îlots de chaleur urbains. Pour cela, des solutions techniques existent :
• Stationnements végétalisés
• Toitures et murs végétalisés
• Végétalisation des pourtours de bâtiment et accotements
• Intégration d’espaces verts dans les projets d’aménagement
02
Désimperméabilisation de la ville et retour de l’eau
Le retour de l’eau dans nos sols et autres surfaces de stockage permet de rafraîchir l’air. C’est également une opportunité pour la restauration de la biodiversitéet une offre créative pour la conception paysagère.
Aujourd’hui, il est possible de créer des espaces perméables carrossables afin de réconcilier usages et environnement (ex : parkings perméables). On peut également avoir recours à la création de plans d’eau et de fontaines.
03
Réduire l’émission de chaleur anthropique
La chaleur produite par l’activité humaine peut être réduite. On peut agir par exemple sur la mobilité : privilégier les transports en commun verts, limiter la circulation des voitures individuelles dans le centre-ville.
L’architecture des bâtiments a aussi son rôle à jouer : le choix des matériaux, des couleurs, l’efficacité énergétique, leur végétalisation etc. autant de moyens permettant de réduire les besoins en climatisation.
ICU : causes et conséquences
Rappels sur la formation de l'îlot de chaleur
Le phénomène d’îlot de chaleur urbain (ICU) correspond à l’élévation des températures observée dans les zones urbaines par rapport aux espaces ruraux environnants.
Ce réchauffement local résulte de multiples facteurs liés à la manière dont les villes sont construites, aménagées et utilisées. La nature des matériaux, l’imperméabilisation des sols, la diminution de la végétation, les activités humaines ou encore la configuration des bâtiments influencent fortement la capacité d’un espace urbain à absorber, stocker ou dissiper la chaleur.
Comprendre ces mécanismes est essentiel pour concevoir des aménagements plus résilients et limiter l’accumulation de chaleur dans les villes, notamment dans les espaces très minéralisés comme les voiries ou les parkings.
Les causes de l'îlot de chaleur urbain
Matériaux et surfaces
Plus un matériau absorbe les rayons du soleil, plus il accumule et émet de chaleur (albédo1 faible). C’est le cas des surfaces composées de matières minérales. Ainsi routes et parkings asphaltés, toits goudronnés, murs de briques etc. sont d’importants contributeurs à la formation des îlots de chaleur urbains.
Imperméabilisation et diminution du végétal
L’imperméabilisation du sol et la diminution des espaces végétalisés, entraînent la disparition de l’eau de surface en ville. Celle-ci ne peut donc plus jouer son rôle de rafraîchisseur de l’air par évaporation ou évapotranspiration.
Chaleurs anthropiques
Les activités humaines sont également en cause. L’industrie, les transports ou encore la climatisation produisent énormément de chaleur qui vient s’additionner à la température ambiante.
Morphologie de l’aménagement
La dimension des bâtiments et l’espacement entre ceux-ci (« canyons urbains ») ont des impacts sur la création d’ombre, la rétention de chaleur nocturne, les capacités de rafraîchissement des espaces urbains.
Vents urbains
La présence de vent permet la circulation de l’air et donc une diminution du réchauffement urbain. Un vent nul ou faible entraînera une stagnation de l’air et de la chaleur accumulée.
Ilots de chaleur : quelles conséquences ?
Atteintes à la santé et l'environnement
Les conséquences des îlots de chaleur portent atteinte à la santé publique et à l’environnement.
Stress thermique, sensation d’inconfort, malaises, syncopes, coups de chaleur… en particulier chez les personnes vulnérables
Aggravation des maladies chroniques préexistantes comme le diabète, l’insuffisance respiratoire, les maladies cardiovasculaires, cérébrovasculaires, neurologiques ou rénales
Hausse de la mortalité lors de canicules
Diminution de la qualité de l’air extérieur et formation de smog
Diminution de la qualité de l’air intérieur (multiplication des acariens, moisissures et bactéries, et libération de substances toxiques)
Hausse de la demande en énergie liée à la climatisation et donc des émissions de gaz à effet de serre
Réduction de l'effet d'ICU par les parkings perméables et végétalisés
Parking perméable : un comportement thermique bénéfique au regard de la lutte contre les ICU
Les parkings perméables constituent aujourd’hui une solution efficace pour limiter la formation des îlots de chaleur urbains. En remplaçant les surfaces minérales classiques par des revêtements drainants, végétalisés ou semi-végétalisés, ils permettent l’infiltration des eaux de pluie, favorisent l’évapotranspiration et réduisent le stockage de chaleur dans les sols. L’intégration d’arbres, de bandes végétalisées ou de gazon renforcé dans les zones de stationnement contribue également à créer de l’ombre, à diminuer la température ambiante et à améliorer le confort des usagers.
Pour aller plus loin dans la compréhension de l’impact des surfaces perméables sur la régulation thermique en milieu urbain, découvrez notre étude complète sur le comportement thermique des revêtements perméables. Cette ressource apporte des données concrètes et des analyses approfondies qui illustrent comment les solutions de parkings perméables contribuent efficacement à atténuer les effets des îlots de chaleur urbains et améliorent le confort des espaces aménagés.
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